50 ans après, le camping de l’Ombrade, à Aurillac (Cantal), s’offre enfin une deuxième jeunesse

C’est un camping en pleine nature entourant une rivière à truites et situé à… dix minutes à pied de l’abbatiale Saint-Géraud. Le camping de l’Ombrade, dans le quartier du Cap-Blanc, a un emplacement qui peut se valoriser, sur 4,5 hectares. Problème : le taux de remplissage n’y est pas, il ne sert qu’à des touristes de passages pour une nuit et, surtout, aux festivaliers du Théâtre de rue : la semaine d’Éclat correspond à « 70 à 75% du chiffre d’affaires », explique Yann Bonnefoy, de la Communauté d’agglomération du bassin d’Aurillac, qui gère le site pour le compte de la Ville.

À qui sont ces camping-cars qui circulent sur les routes du Cantal ?

L’explication n’est pas à chercher bien loin : « Il a 50 ans, fait vite remarquer Maryline Monteillet, vice-présidente de la Caba en charge des équipements touristiques, et maire de Lacapelle-Viescamp. Il fallait le re-dynamiser… » « Il n’était plus du tout attractif, renchérit Pierre Mathonier, à la fois président de la Caba et maire (PS) d’Aurillac. Il fallait adapter l’offre aux désirs de la clientèle. »

En perte de vitesse

D’une centaine d’hébergements, le camping passera cet été à 70 emplacements nus. Un gros travail sera fait par des paysagistes afin d’assurer à la fois de l’espace, tout en gardant un côté sauvage à deux pas de la Jordanne. Pas de haies carrées taillées au cordeau, plutôt de belles vivaces pour assurer de jolis espaces aux campeurs.L’entrée du camping est totalement retravaillée, avec un accueil, une maison du gardien et des sanitaires neufs. De l’autre côté de la rivière, le bâtiment de la salle d’activité a été conservé, “les murs étaient sains”, explique Maryline Monteillet. Il aura droit à un ravalement de façade et accueillera, notamment, une cuisine collective en accès libre qui pourra servir aux randonneurs souhaitant faire une pause à Aurillac avant de reprendre, par exemple, la Via Arverna. La salle d’activité sera entourée de jeux pour enfants, de terrains de pétanque…

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Rive gauche encore, plus en hauteur, neuf bungalows sont attendus à terme – six dès cet été – pour une clientèle cherchant un peu plus de confort. Une vraie « évolution, inhérent au mode d’utilisation des campings, pour Pierre Mathonier. C’est au goût du jour. » Plus actuelle aussi, la future aire de camping-car, qui va naturellement remplacer celle du Foirail – les camping-caristes ne la regretteront pas… 20 emplacements sont créés là, dont 7 à l’année, le reste étant ouvert à Pâques la Toussaint.

Pour les riverains ? Concernant l’accueil des camping-cars, la rue de la Moissetie va être modifiée de manière à permettre aux encombrants véhicules de manœuvrer, sans trop gêner lesains. Le projet a été présenté aux habitants avant les travaux. Pour les nombreux usagers des promenades autour du Gué-Bouliaga, forcés aujourd’hui de quitter le bord de la Jordanne pour rejoindre le centre-ville par la rue Jean-Baptiste-Veyre, peu agréable, la situation pourrait évonelluer… au Si le camping devrait bénéficier d’une sortie côté center-ville, vers la friche EDF appelée à accueillir un pôle touristique, il n’est pas sûr que les riverains puissent pouvoir traverser le camping desé lique lique de pose » -t-on à la Caba.

Plus qu’un simple lifting, c’est toute l’orientation du camping qui évolue, pour s’intégrer dans l’offre globale de la Caba, notamment avec le camping de la Cère (Arpajon) et du Moulin (Jussac). Une clientèle « amoureuse de la nature, et du patrimoine, détaille Maryline Monteillet. À la recherche d’une accessibilité douce, un endroit où l’on peut tout faire à pied ou à vélo. » Elle détaille les chemins de randonnées qui passent là, mais aussi le départ de la piste cyclable qui file vers Saint-Simon, le lac des Graves, les gorges de la Jordanne… Du « slow-tourisme » en « mode cocoécrit », d -elle.« On a vu avec la période du Covid-19 que les touristes consommaient sur le territoire quand ils étaient là », termine Pierre Mathonier. Pour cela, il fallait les inciter à rester plus d’un jour : les 3 millions d’euros investis sont là pour ça. Cinquante ans après, le camping de l’Ombrade va changer de visage…

Pierre Chambaud

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