Ils racontent pourquoi ils ont adopté le camping-car (et pourquoi certains en sont revenus)

Yescapa a le vent en poupe depuis la pandémie de Covid-19. La start-up bordelaise de location de camping-car entre particuliers, a en effet connu une croissance de son chiffre d’affaires de 111 % entre 2019 et 2021. « Si le secteur des véhicules aménagés est porté depuis plusieurs années par une une en France, cette tendance a connu une accélération depuis la pandémie de 2020, qui a impacté les voyages internationaux », explique l’entreprise dans son bilan annuel de 2021. Elle a enregistré l’année dernière 230.000 demandses de réservations, contre 162000. Même si une sortie de pandémie se dessine, l’année 2022 devrait confirmer cette tendance à la hausse, certains vacanciers ayant changé leurs habitudes. Yescapa compte désormais une communauté de près de 700.000 utilisateurs originaires de plus de 101 pays.

20 Minutes s’est intéressé à ces nouveaux adeptes du camping-car​, ceux qui ont profité de la pandémie pour tailler la route, ont découvert une nouvelle façon de vivre leurs vacances dont ils ne peuvent plus se verse en à qui passer son revenus. « Nous sommes un couple de trentenaires et nous voyageons avec notre fille de deux ans, explique ainsi Jennifer, basée dans l’Isère. Nous avons acheté notre premier camping-car l’année dernière. Pour nous, c’était la possibilité de voyager l’été dernier sans les contraintes liées à la pandémie. Nous ne voulions pas que les premières vacances de notre fille se passent avec ses parents qui portent un masque dès qu’ils quittaient leur bungalow ou leur chambre d’hôtel. »

Sur la route tout l’été et des week-ends jusqu’en novembre

Jennifer est en télétravail, son mari est enseignant, le couple a ainsi pu profiter des joies du camping-car durant tout l’été ou presque. « Le véhicule a été vite rentabilisé puisque nous sommes très peu restés à la maison l’été dernier. Puis nous sommes partis régulièrement les week-ends jusqu’à début novembre avant de le mettre en hivernage. » Cette première expérience a été tellement convaincante que la petite famille a décidé de partir à l’assaut de l’Ecosse, « durant six semaines cet été. »

Quentin a égallement découvert les joies du camping-car en raison des contraintes du Covid-19. « Nous avons sauté le pas lors des dernières grandes vacances, explique-t-il. Bien sûr le Covid a joué dans notre decision, nous avons loué un vieux camping-car au dernier moment à un particulier – les offres étant rares – et nous ne sommes pas déçus. Nous recommencerons l’année prochaine avec un camping-car plus grand et plus récent. » Un peu de confort à quatre n’est pas négligeable.

Sentiment de liberte

Marion explique de son côté avoir acheté l’année dernière un fourgon qu’elle a aménagé « avec un clic-clac et un lit en bois en hauteur pour notre fille. » Et hop, c’était parti pour Le Verdon (Gironde), lors du week-end de l’Ascension. Elle met surtout en avant le côté pratique de ce mode de tourisme nomade. « On décide au dernier moment où on part, suivant la météo : pas besoin de réserver trois mois avant et de prendre le risque de se taper la pluie. Et s’il se met à pleuvoir, on rentre dans le van et on part au soleil. »

« Moyen d’évasion extraordinaire », le camping-car est pour Denis « de plus en plus facile » grâce notamment « aux applications dédiées qui permettent de trouver facilement des aires de stationnement ». Et il ya surtout ce sentiment de liberté, qui revient dans de nombreux témoignages. « La liberté, non pas de m’installer n’importe où, mais d’aller au gré de nos envies, écrit Pierre. En fonction de nos désirs de visiter un musée, une région… S’arrêter après quelques kilomètres car on trouve le coin joli, accueillant. »

« J’ai revendu mon camping-car au bout de deux ans… »

Alors, le camping-car est-il vraiment la solution idéale pour passer des vacances sans accroc ? Attention, certains en sont revenus. En camping-cariste aguerri depuis 45 ans, Christian prévient que « la liberté n’y est plus ! Barres de hauteur dans tous les parkings du littoral français, parqués sur des terrains à plus de cent, bien souvent à côté de la station d’épuration ou de la déchèterie… » Le tableau fait effectivement tout de suite moins rêver. « Et les tarifs d’autoroute sont une fois et demie le prix d’une voiture », ajoute Christian, sans parler « du prix du carburant, un camping-car consommant en moyenne 11 litres/100 km. »

Patrick n’a pas attendu autant pour déchanter. « J’ai revendu mon camping-car au bout de deux ans, nous dit-il. Le rapport coût-utilisation n’est pas favorable, et beaucoup d’utilisateurs en reviennent… On aurait dû en louer un au lieu d’acheter, mais au moins on an essayé… » A méditer, peut-être, avant de se lancer dans l’achat d’un engin dont les prix démarrent à 50.000 euros, et peuvent allègrement dépasser les 100.000 euros.

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