Le street fishing démarre à Bordeaux

Le street fishing démarre à Bordeaux

Malgré une température qui avoisine les trente degrés, ils sont une quinzaine de curieux à avoir répondu présents au rendez-vous donné en début d’après-midi, au pied de la Base sous-marine Première nouvelle pour certains : on peut pêcher dans les Bassins à flot. Gardons, poissons-chats, brochets, la faune aquatique y est même plutôt développée !

Un peu de théorie…

L’initiation est orchestrée par un guide professionnel, membre de la fédération de pêche de Gironde. Le cours commence par une présentation des poissons pêchés aujourd’hui. Attention à ne pas les saisir à pleine main une fois piégés, certains ont des épines sur le dos. Deuxième étape, la canne à pêche. Toute simple, sans moulinet. La principale difficulté réside dans l’enfilage de l’appât, en l’occurrence de minuscules asticots, au bout du crochet. Pour la pêche au leurre, plus sportive mais aussi plus coûteuse, on repassera. Statut de grand débutant oblige, il faudra se contenter de pêcher des poissons de 40 cm maximum.

…Et beaucoup de patience

Après une petite heure d’explications, place enfin à la pratique. Les apprentis pêcheurs s’alignent le long de la balustrade, chacun jette sa ligne à l’eau. Et attend. Eh oui, c’est aussi ça la pêche en ville, l’école de la patience.

Une vertu qui fait déjà partie de la panoplie très complète du petit Akan, 10 ans. Doué, le garçon est l’un des premiers à sentir remuer son flotteur, signe qu’un poisson vient de mordre à l’hameçon. Une brème pour commencer la demi-journée, pas mal.

Moins en réussite que sa progéniture, le père d’Akan garde tout de même le sourire. « Mon fils a déjà pêché quelque fois et il tenait vraiment à m’initier à cette activité, explique t-il. C’est vrai que c’est sympa. Pourquoi pas organiser une sortie pêche en famille une fois par mois. »

A quelques mètres de là, Yann semble lui aussi apprécier l’initiative municipale. Pour ce jeune médecin de 30 ans, cette partie de pêche ravive des souvenirs de gamin. « La dernière fois que j’ai tenu une canne à pêche, c’était il ya quinze ans aux Antilles», confie t-il tout sourire, une bière à la main.

Une activité réglementée

Pour Thierry Moissonnier, le président de la fédération girondine de pêche, cette séance d’initiation est aussi l’occasion de sensibiliser le grand public aux règles inhérentes à la pêche en zone urbaine, pratique en pleine expansion. « Pour s’adonner à cette activité, il faut payer une carte journalière ou un abonnement à l’année, comme un permis de chasse. Malheureusement, beaucoup de gens ne le savent pas, explique-t-il.

« Par ailleurs, il n’est pas possible de pêcher sur tous les plans d’eau d’une ville. À Bordeaux, par exemple, la pêche n’est autorisée que sur certains secteurs de la Garonne, au Lac et bien sûr ici, aux Bassins à flot. »

En attendant que le mouvement ne se structure, Fabien Robert se félicite surtout de l’hétérogénéité des personnes présentes aujourd’hui. « Regardez autour de vous, il ya ici plusieurs médecins, un architecte, un assureur, des étudiants. On est quand même loin du cliché du vieux pêcheur en gilet multipoches, assis toute la journée à côté de ses lignes. » On appelle ça appâter le poisson.

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