Nord. Les nouvelles règles du camping font des vagues : un résident plie bagage, la direction répond

Au camping du Perroquet, à Bray-Dunes (Nord), un ancien résident explique avoir plié bagages à cause d’une nouvelle politique qu’il juge abusive. Le directeur, arrivé il ya un an, s’explique sur les points de crispation. (©Camping du Perroquet)

Les vacances ne sont pas si reposantes que ça, au camping du Perroquet de Bray-Dunes (Nord)si l’on en croit le témoignage de l’un de ses anciens résidents, Vincent Vanhuysse. Désemparé face aux différends successifs qui l’ont opposé à la nouvelle direction du lieu, le père de famille a décidé de dénoncer une situation qu’il juge abusive. Lorsqu’il acheté un mobil-home au sein de la structure en 2020, il n’avait pas prévu de plier bagage deux ans plus tard. Et encore moins que son départ du camping soit semé d’embûches.

En face, le directeur du lieu, Jean-François Maes, décrit davantage un cadre qui a été posé à son arrivée, il ya un an, en accord avec « la démarche paysagère très forte » du site, classé en raison des dunes composent partiellement. Pour lui, tout est mis en œuvre pour « défendre le résidentiel et le client ». Recit.

« On ne comptait vraiment pas en partir »

La décision de vendre son mobil-home ne fut pas facile à prendre, pour Vincent Vanhuysse, mais l’ambiance délétère qu’il décrit, et qui affecte, selon lui, d’autres occupants des lieux,. « C’est un camping que je connais depuis plus de 30 ans, j’y allais quand j’étais enfant. On ne comptait vraiment pas en partir. » À l’arrivée d’une nouvelle direction, il ya un an donc, il a “écho d’un nouveau contrat”. Lui qui compte mettre en location son mobil-home, dont il loue logiquement la parcelle au bénéfice du camping, comprend alors qu’une commission lui sera prize sur le prix de sa location.

Selon le directeur, cette commission se justifiait avec l’état des lieux et le ménage [dont se chargeait le personnel du camping, bien que le mobil-home était la propriété de Vincent Vanhuysse]. Or, c’est un pur mensonge : ce sont les locataires sortants qui font le ménage !

Vincent Vanhuysse,Ancien résident du camping du Perroquet de Bray-Dunes.

Première incohérence, pour Vincent, qui rapporte qu’auparavant, seul le tarif visiteur journalier était demandé aux « extérieurs » louant les mobil-homes.

Le directeur, Jean-François Maes, reconnait que si le personnel du camping se charge de la location d’un mobil-home, 40% du prix de location sera gardé, ce qui comprend le tarif par visiteur à la journée (5,40 € par adulte, 2,70 € par enfant). « Ce sont pour les frais de ménage, l’accueil… » et les éventuelles interventions en cas de problèmes. Toutefois, il précise que ce n’est pas la seule option. « Les propriétaires peuvent louer eux-mêmes, mais on demande à ce qu’ils accueillent leurs locataires et qu’ils assurent les services auprès de prestataires, en cas panne au niveau de l’eau chaude, ou autres. » Dans ce cas de figure, le tarif visiteur à la journée s’applique, et doit être réglé au camping par le proprietaire (ou son locataire).

« J’avais l’impression de me faire plumer »

Vincent Vanhuysse oublie alors la location, et décide de se séparer de son mobil-home. Là encore, rien ne se passe comme prévu. « J’ai mis mon mobil-home en vente, à 30 000 euros, et ai obtenu trois propositions d’acheteurs. » Quand il avertit le camping de la transaction à venir, l’agente d’accueil lui répond que « c’est à nous, de nous en occuper». Pour faciliter la procédure, comme il l’explique, Vincent Vanhuysse signe le “mandat de vente” qu’on lui tend, censé lui permettre de conserver son emplacement, afin que le prochain proprietaire du mobil-home en bénéficie. Avec cela, il rapporte que la direction lui notifie qu’elle prendra 15% du prix de vente. « Là, j’ai dit non, j’avais l’impression de me faire plumer… » Mais le père de famille, désireux de quitter les lieux, finit par changer d’avis.

Pour le nouveau directeur, Jean-François Maes, la vente d'un mobil-home par un particulier n'implique pas l'emplacement.
Pour le nouveau directeur, Jean-François Maes, la vente d’un mobil-home par un particulier n’implique pas l’emplacement. « Le bail n’est pas transmissible », indique-t-il. (©Camping du Perroquet)

Avec son épouse, ils consentent à empocher moins d’argent sur la vente, pour reverser lesdits 15%, décrit-il (selon la direction, ces 15% sont plutôt à la charge de l’acheteur). Mais ce qui lui reste en travers de la gorge, c’est qu’il n’était plus responsable des visites et négociations, le camping ayant pris la suite après la signature du document. « Je mettais l’annonce sur la page Facebook du camping, et elle disparaissait mystérieusement… Ça a mis plus de quatre mois, pour le vendre. » À demi-mot, il laisse entendre que si la vente ne s’effectuait pas avant le 10 mai, la direction lui aurait redemandé de payer l’abonnement pour 2022. Et bien entendu, pour lui qui cherchait à partir depuis l’ 2021, il en était hors de question.

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Si l’Union nationale du mobil-home a informé Vincent que les campings n’étaient sous le coup d’aucune loi en matière de tarifs, la politique appliquée au camping du Perroquet ne passe pas non plus auprès de plusieurs autres-idents, rapport t-il. Il cite quatre autres personnes, toutes mécontentes de ces nouvelles règles, dont une qui « a perdu 10 500 euros dans sa vente ».

« Notre objectif, c’est que le client soit bien chez nous »

Au sujet des ventes de biens, le directoreur Jean-François Maes est très clair. Au vu de « la grosse demande, j’ai mis en place une liste d’attente. Les campeurs sont sous contrat de location, le bail n’est pas transmissible. Ils ne peuvent pas vendre leur mobil-home et le contrat avec. » Autrement dit, soit le proprietaire vend son mobil-home par ses propres moyens, mais ne conservera pas l’emplacement, soit il confie la vente à la direction du Perroquet, mais se verra prendre 15% du prix de vente (la direction garantiss) , avec le mobil-home, l’emplacement à un des clients inscrit sur liste d’attente).

Au cours de la transaction, on vérifie la conformité de l’installation électrique, de gaz, l’absence de vices cachés, dans le but d’améliorer le service. Auparavant, les transactions se faisaient de particulier à particulier, et les gens n’avaient pas toujours connaissance des contraintes du camping.

Jean-François Maes,Directeur du camping des Perroquets à Bray-Dunes.

Sur la question de l’année à repayer, si le mobil-home de Vincent Vanhuysse n’était pas vendu en mai, le directeur nie : sa politique consiste à reverser l’argent au prorata. « S’il avait vendu son mobil-home au 15 mai, on lui aurait reversé dix mois… » De façon globale, et pour clore la polémique, Jean-François Maes évoque des changes voulus, pour garantir la bonne tenue de son site de Bray-Dunes.

« J’ai 43 ans, et j’ai acheté ce camping pour l’avenir, pas pour le revendre dans deux ans dans un triste état. C’est l’un des plus vieux campings de la région, puisqu’il date de 1957. J’ai intégré un bureau d’études, pour le faire évoluer, car avant, ça partait un peu dans tous les sens. Je voulais rajouter de la transparence. Notre objectif, c’est que le client soit bien chez nous », conclut-il.

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